Lex Libris
blog sur la musique, les livres, le droit public, essentiellement
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Se découvrir le fils d’un bourreau est pire que d’avoir été soi-même bourreau. Le bourreau à ses justifications, il peut s’amender, il peut tout. Mais le fils que peut-il sinon compter les crimes de son père et traîner le boulet toute sa vie durant ? J’en veux à mon père, j’en veux à ce pays, à ce système qui l’a fait ainsi, j’en veux à l’humanité, j’en veux à la tête entière…Hans Schiller, tu es une crapule, le pire des assassins, je te vomis, je te hais, je veux que ton nom disparaisse, je veux que tu rôtisses en enfer jusqu’à la fin des temps et que ceux que tu as gazés viennent te cracher au visage ! Tu n’avais pas le droit de vivre, tu n’avais pas le droit de nous donner la vie, cette vie je n’en veux pas, elle est un cauchemar, une honte indélébile. Tu n’avais pas le droit de fuir, papa. Je dois assumer à ta place, je vais payer pour toi papa. Hans Schiller, sois maudit
Le village de l’Allemand, Boualem Sansal p 243-244
Courir contre le temps n’est pas l’important. Pour moi maintenant voilà ce qui est devenu beaucoup plus significatif : quel plaisir je prendrai avec quelle satisfaction j’arriverai au bout des quarante deux kilomètres de courses. Les choses auxquelles je goûte, celles qui ont de la valeur, ne s’expriment pas en chiffres. Je cherche à tâtons une fierté d’une espèce légèrement différente. Haruki Murakami
Pourquoi parler ainsi? Parce qu’il ne serait pas raisonnable de considérer le triste héritage des dernières quarante années comme quelque chose d’étranger, légué par un parent lointain. Nous devons au contraire accepter cet héritage comme quelque chose que nous avons nous-mêmes commis contre nous. Si nous le prenons ainsi, nous comprendrons qu’il dépend de nous tous d’en faire quelque chose. Nous ne pouvons pas faire porter la responsabilité de tout cela sur les gouvernants précédents, non seulement parce que cela ne répondrait pas à la vérité, mais encore parce que cela affaiblirait le devoir qui se pose aujourd’hui à chacun de nous, le devoir d’agir indépendamment, librement, raisonnablement et vite.
Détrompons-nous, le meilleur gouvernement, le meilleur parlement et le meilleur président ne peuvent pas à eux seuls faire grand chose. Et ce serait très injuste d’attendre la solution d’eux seulement. La liberté et la démocratie, cela signifie la participation et la responsabilité de tous.
Si nous nous en rendons compte, toutes les horreurs dont hérite la nouvelle démocratie tchécoslovaque ne nous sembleront pas aussi épouvantables. Si nous nous en rendons compte, l’espoir reviendra dans nos cœurs.
Vaclav Havel- François Bonnet- Médiapart- Je parle de nous.